(cliquez ici pour télécharger directement la présentation)
Au cours du Midem 2010, j’ai modéré une table ronde sur les initiatives politiques prises à travers le monde pour réguler les relations entre le monde de la musique et celui de l’Internet. Ce panel a été à mon sens très instructif, grâce à la diversité et à la qualité des intervenants.
Autour de la table étaient en effet réunis Antonio Guisasola, président de Promusicae (syndicat des producteurs espagnols), Eddie Schwartz, président de la Songwriters Association of Canada, Geoff Taylor, directeur du syndicat de producteurs britanniques BPI, Ludvig Werner, directeur de l’IFPI en Suède, et Patrick Zelnik, PDG du label Naïve et co-auteur du très médiatisé plan d’action en faveur de la création sur Internet.La riposte graduée, panacée à valider
La question de la “riposte graduée” a naturellement été au coeur des débats. Elle est aujourd’hui opérationnelle en Corée du Sud et devrait l’être sous peu en France ; à travers le monde, les yeux sont tournés vers ces deux pays – la France en particulier – pour valider l’efficacité de telles mesures souvent présentées comme la panacée. Mais le panel a montré que d’autres approches sont possibles.
En Espagne, où le gouvernement semble être rétif à l’idée d’incriminer les consommateurs, un projet de loi permettant la fermeture de sites pirates ou le filtrage de leur accès est dans les cartons du gouvernement. Antonio Guisasola a admis que même si elle était en place, la loi ne règlerait au mieux que 30% du problème, puisqu’elle ne s’attaquerait pas aux réseaux Peer-to-Peer, entre autres.
Dans une démarche très différente, Eddie Schwartz a annoncé qu’un projet de monétisation des échanges de fichiers sur Internet devrait naître en 2010 au Canada, impliquant plusieurs FAI. Le secteur musical s’est essayé à plusieurs reprises à rendre légale et financièrement viables les pratiques actuelles d’échange entre les internautes, pour l’instant en vain. Cette quête est pourtant possible, selon Eddie Schwartz, même s’il a admis à demi-mot que les labels participant à l’aventure étaient à ce stade encore peu nombreux.
Geoff Taylor a quant à lui apporté un éclairage très intéressant sur l’abandon des poursuites contre les internautes en Grande-Bretagne – tout comme d’ailleurs aux Etats-Unis. « Cela coûte beaucoup d’argent, » a-t-il expliqué, « et on ne peut donc l’envisager à l’échelle de plusieurs millions de personne. » Geoff espère que son gouvernement fera voter une loi cette année, même si l’agenda politique ne s’y prête guère. Le but serait « d’éduquer » les internautes – un peu comme la loi Hadopi entend le faire en France.
Des signes encourageants ?
Il est intéressant de noter que quelques marchés ont montré des signes d’amélioration en 2009, coïncidant dans certains cas avec l’adoption de nouvelles lois sur le droit d’auteur dans le pays.
Pour la Suède, Ludvig Werner pense que la hausse marquée du marché est le résultat combiné de l’adoption de la directive européenne IPRED, de la victoire judiciaire contre The Pirate Bay et du lancement du service de streaming Spotify, présenté comme une alternative légale au piratage.
Pour l’heure, seule la Corée du Sud a adopté un véritable modèle de réponse graduée, depuis juillet 2009. Les chiffres de l’IFPI montrent une remontée de 53% des ventes online au cours des neuf premiers mois de 2009. Quant au marché français, il s’est bien mieux porté durant le second semestre 2009 ; certains y ont vu un effet psychologique des débats sur la loi Hadopi, largement médiatisée et adoptée en septembre 2009.
Ces résultats sont-ils le signe d’une relance de ces marchés ? Personne ne peut l’affirmer à l’heure actuelle. Certains pays ayant adopté de nouvelles lois, comme le Japon, n’ont pas connu d’amélioration, bien au contraire.
Les prochains mois devraient apporter un début de réponse, notamment en France où l’on attend avec impatience de savoir si le premier trimestre montrera ou non un retour de bâton après les bons résultats précédents.
Il est intéressant de noter que la France a voulu se doter d’un ensemble de leviers pour permettre au marché musical de décoller, puisqu’en parallèle de la loi Hadopi visant à limiter la circulation illicite de fichiers sur Internet, la mission présidée par Patrick Zelnik a tracé une feuille de route pour favoriser le développement de l’offre légale – certaines de ses propositions ont fait beaucoup de bruit, nous en parlons ailleurs dans ce blog.
Une étude à télécharger (gratuite, mais en anglais !)
Pour un tour d’horizon plus complet de cette problématique à mon avis passionnante, je vous propose de télécharger la petite synthèse que j’ai présentée en introduction du panel au Midem. Il s’agit d’un récapitulatif concis des lois et des initiatives privées prises à travers le monde pour soutenir la croissance du marché digital, mettant également en exergue les premiers résultats des marchés concernés.
Pour obtenir cette présentation, je vous invite à laisser votre email dans le formulaire ci-dessous, vous recevrez le lien pour la télécharger gratuitement. En espérant qu’elle vous sera utile !
Revue de presse:
• In MusicWeek.com, Ben Cardew, Jan 26 : lire
• In Billboard.biz, Mark Sutherland, Jan 26: lire
• In Le Monde blog, Stéphane Davet, Jan 26: lire
• In Digital Music Trends, Leonela, Feb 1: lire
• In France 2, LN avec AFP, Jan 27 : lire
• Dépêche AFP, Jan 27:
In KhaleejTimes.com, lire
In TheLocal.se, lire
In La Croix, lire
In Le Point, lire
In Le Parisien, lire
In M6 & MSN actualités, lire
In France24.com, lire




